nutrition et santé

“Know thyself”, a dit un certain Platon, un jour.

Vous l’avez sûrement lu dans je ne sais quel magazine (féminin) : “la santé passe aussi par l’assiette”.  Pour une fois, malgré l’usure de la formule, lesdits magazines n’ont pas tort. Ils ont même plutôt raison. La plupart des problèmes reviennent en effet à une carence (notamment vitamines et minéraux, glucides, et H2O), mais aussi – dans mon cas – à un mauvais “timing” de l’apport en calories: rester sur la base de 4 repas par jour n’est pas vraiment idéal pour la performance!

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Ce qu’il faut éviter de manger à tort et à travers d’après NOLS, backcountry nutrition. Et que vous mangerez quand même.

Ce qui est intéressant, comme l’a étudié le très bon bouquin sur la question nutrition NOLS backcountry nutrition: eating beyond the basics de Mary Howley Ryan (lu après avoir fini le Sentier…), est que la plupart des thru-hikers mangent “de la merde”. J’en ai rencontré qui parviennent à fonctionner en mangeant de l’avoine, du beurre de cacahuète et des skittles (pour les vitamines sûrement) pendant 3 semaines. Autre exemple: le tiercé du randonneur sur le AT est ramens, snickers et beurre de cacahuète; pour leur densité (rapport calories/poids). Ah oui, et pop-tarts! – monument de gastronomie américaine. A court terme, ce n’est pas bien gênant parce qu’il faut du temps pour développer une carence, mais sur un voyage de plusieurs mois, c’est moins évident (encore une fois, selon les personnes). Par expérience, il est aussi utile d’emporter de la nourriture qui donne envie: quand il fait un temps pourri, un snickers est beaucoup plus motivant que d’engloutir de l’avoine nature.

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Survivre à la Pennsylvanie

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Lourd mais jouissif

Non seulement, mal manger et mal boire affecte l’état de santé mais également (et très vite) les performances physiques et morales, quelque peu ennuyeux lorsque vous devez produire un effort physique prolongé au quotidien.  Ça a l’air évident dit comme ça, mais ça ne l’est pas forcément d’équilibrer au mieux les repas on trail avec les moyens du bord.

Exemples de carences expérimentées:

  • carence en glucides -> hypoglycémie -> irritabilité, fatigue, manque d’énergie, mauvaise régulation de la température
  • carence en vitamine C -> gonflement des gencives, fatigue, mauvaise fixation du fer
  • carence en eau -> crampes et autres douleurs musculaires, fatigue, etc.
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Exemple de ravitaillement en partie mangé par une souris

Le truc est donc de trouver des aliments légers, riches en calories et possédant toutes les vitamines nécessaires. Léger détail: la nourriture de rando est souvent riche en calories, parfois légère mais rarement, très rarement riche en vitamines et minéraux.

SURTOUT aux États-Unis, champions de la “processed food“.

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…et champions de l’arnaque alimentaire: se méfier des 100% real ou 100% pure something. Ça cache toujours quelque chose. Ou pas.

Ils semblent aussi avoir appliqué le principe de liberté qui leur est si cher…aux aliments:  gluten-free, fat-free, sugar-free, lactose-free, BPA-free, OMG-free (liste non exhaustive) explosent des rayons insondables des divers supermarchés. La tâche d’y trouver un simple yaourt devient en effet toute une expédition.

 

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l’extraordinaire diversité du fat-free et low-fat yogurt aux États-Unis

 

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Encore plus fort: la crème sans lait

Petite excursion, donc, dans le labyrinthe alimentaire américain. Sérieusement, le GPS m’aurait été utile dans leurs supermarchés…. Le ravitaillement se faisait souvent soit dans des très petites villes avec une unique station essence pour provisions de base ou des zones commerciales avec l’immense hypermarché type Wal-Mart (et là, vous y passez des heures). Voici quelques exemples de denrées généralement trouvables dans les villes traversées, autant pour la “trail food” que la “town food“:

 

  • avoine à foison
  • tortillas (de plus ou moins bonne qualité…) / pain pita
  • crackers (avec plus ou moins de high fructose corn syrup)
  • beurre de cacahuètes -> attention à ne pas prendre le low-fat!
  • chocolat -> parfois dur à trouver
  • miel (qualité impossible à vérifier)
  • amandes, noix, etc -> très cher
  • raisins secs
  • huile d’olive en petite bouteille plastique
  • pâtes et riz à cuisson rapide -> j’ai abandonné les “pasta sides” de Knorr ou autre pour des “vraies pâtes”
  • parmesan râpé
  • épices
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Le charmant Wal-Mart de Gorham (NH)

Difficile ou impossible à trouver :

  • lait chocolaté (celui avec un peu plus que “less than 2% cocoa
  • lait en poudre full-fat (rayon bébé)
  • yaourt full-fat
  • autres graines que pâtes, riz et couscous
  • pain
  • gâteaux sans liste d’ingrédients de 10km de long
  • jambon sec/cru – saucisson
  • fromage digne de ce nom
  • fruits et légumes (dans le cas d’une station-essence pour ravitaillement)

MAIS vous trouverez toujours:

  • snickers
  • ramens
  • beurre de cacahuètes
  • miel
  • pop-tarts
  • pizza
  • crème glacée
  • beignets
  • Little Debbies -> autre monument de la gastronomie de supermarché. Les fignut bars ne sont pas trop mal.
  • coca
  • gatorade and co
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La santé passe aussi par le supermarché: vérifier que vous êtes en état d’acheter au Wal-Mart

 

 

 

 

 

 

 

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