De la nutrition en sol inconnu

La même chose, mais en différent!

On le savait déjà; arriver dans un autre pays signifie d’abord s’adapter à ses pratiques gastronomiques, culinaires et alimentaires. Faisant en France partie du même heureux groupe de pays occidentaux et nous-mêmes envahi par la bouffe américaine, on aurait pu croire que le dépaysement aurait été moindre…Idée reçue en plein dans l’bide, comme on a pu déjà l’apercevoir dans le chapitre principal “nutrition et santé”.

Outre, donc, plats typiques des USA de l’Est (burger, burrito, biscuits and gravy, BBQ pork, sweet tea et j’en passe) et produits purement américains (beurre de cacahouète, pop-tart, mac and cheese, coca,etc.), trois éléments qui ont l’air anodins et plutôt universels se sont révélés traîtrement différents de nos habitudes européennes.

J’ai cité: l’eau, le café et l’oeuf.

 

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Le café

« More coffee ?  – Noooo no no no no no. Thanks. »

Autre liquide à l’aspect pour le moins déroutant : on le méprendrait presque avec du thé!  Oubliez votre ristrette et sa tasse miniature ; ici c’est du 250ml minimum. Mais pas de soucis : la caféine y est rare et sporadique. Il vous faudra bien un ou deux « free refill » de votre « cup » pour atteindre le quota de l’espresso italien. Selon les endroits, il peut toutefois passer du célèbre « jus de chaussette » au breuvage que l’on ose qualifier effectivement de café. C’est selon votre chance… Le meilleur jus de chaussette est à trouver dans les stations-essences, où vous pourrez l’emporter partout avec vous. Starbucks, à côté, ça fait pas le poids. En fait, ce que l’on aime avec le café américain, c’est qu’il se pare souvent de calories supplémentaires. On peut en effet y verser une variété de crèmes à cafés impressionnante, garanties artificielles : goût noisette, goût chocolat, goût French vanilla… et de sucres et ersatz de sucres, lui rendant une consistance à l’œil beaucoup plus agréable (moins au palais…). Attention, le dosage de ces substances est une affaire d’experts nécessitant sinon de longues années d’expérience, de multiples expérimentations gustatives…

 

L’oeuf

« How do you want your eggs ? -Euh, just eggs no? “Sunny side-up, scrambled, over-easy… ?*cirsconspect silence* »

Les œufs – ou plutôt la cuisson des œufs- est aux États-Unis un art autant culinaire que linguistique, si bien qu’il en va presque à perdre le pauvre européen ou autre touriste hors-Amérique du Nord déjà égaré par le menu du petit-déjeuner lui proposant « bacon », « hashbrowns » et « pancakes ». Bêtement nous mangeons nos œufs – tout du moins en France – en omelette, durs ou sur le plat. Aux USA, l’œuf à la poêle est affaire technique. Sunny side-up, comme l’indique son nom signifie le jaune dessus, le blanc en-dessous. Et over-easy, tel que son nom également le suggère, désigne l’œuf au plat retourné d’un geste simple et magistral, le jaune à l’envers. Chacune de ses techniques requiert une maîtrise des plus affinées : si vous avez eu le malheur de choisir au pif une de ces cuissons, on vous demandera encore à quel degré de mollesse vous souhaiteriez ledit œuf. Pour vous dire, on en fait même des wiki.

L’eau

« And for you Miss ? – A glass of water please….Oh yeah and without ice ! ».

Coutume étrange et qui finit par vous irriter surtout par des températures négatives : les USiens aiment leur eau « ice cold », c’est-à-dire qu’il l’agrémente d’une montagne de glaçons aux formes plus ou moins originales. Est-ce pour se donner bonne conscience face au réchauffement climatique ? Donner l’impression de manger une glace sans les calories ? Une technique de refroidissement de l’œsophage pour absorber plus de nourriture ? (Que de clichés…parfois inévitables car tellement flagrants). Ceci demeure mystère à ce jour. Votre verre – en plastique transparent – arrivera donc toujours empli d’une eau surmontée d’un iceberg de glaçons, une paille à planter dedans pour atteindre le précieux liquide. Glacieux !