Equinoxe au New-Jersey (NJ)

 Plusieurs day-hikers mais aucun thru-hiker pour cette section. Étonnant comme leur odeur, de savon, parfum ou tout simplement de « propre » vibre dans l’air à leur passage. S’en est presque suffocant. Un charmant randonneur à ses compagnons : « do you know who they are ? They’re hiking the Appalachian Trail!”. The woman: “oh, that’s so cool, I wanna do that so bad!”. Moui, enfin, ça m’étonnerait que tu souhaites baigner une semaine entière dans ta propre sueur trempée d’humidité atmosphérique. Un peu l’impression d’être un héros maintenant. Un héros humide. (Journal, 20/09, 18.6 miles)

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New Jersey, un des États où il fut le plus sec : pas une goutte de pluie dans ce paradis automnal gorgé de fruits et couleurs, le tout sous les rayons du divin astre.  Frontière des saisons, frontières des états; on arrive à Unionville quasiment situé dans un vide étatique après avoir dégusté beignets bien gras glacés de sucre et café que l’on pouvait facilement méprendre avec du thé à la End of The Line Grocery: d’un côté le NY, de l’autre le NJ. Sous cette accueillante atmosphère, nous avons célébré l’équinoxe dans la propriété de Jim Murray, un champs avec douche et pommiers, deux ânes au loin, et un sub du deli du coin pour  lunch (traduction: un sandwich acheté à l’épicerie pour le déjeuner).

Propriété de Jim Murray et ses ânes

 Des couleurs principalement ; le contour dessiné au noir des feuilles sur le coucher de soleil brûlant de jaunes orangés depuis l’abri, le rouge de la ferme contre le bleu du ciel, les verts – nombreux, et des odeurs ; le Juniper et les aiguilles de pin rappelant plus « home » que l’odeur lourde et humide des fougères. Une atmosphère tellement différente bien qu’il n’y ait pas grand contraste dans le paysage (oh ! Et le gris des nuages dans le soleil du matin, sur la crête !). (Journal, 21/09, 19.6 miles)

 

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Autre frontière, humaine cette-fois: Delaware Water Gap, ses hot-dogs, apple pies et, cerise sur la pie, The Church of the mountain hostel  et fidèles vous offrant “un ride to town” pour vous ravitailler…

Attendu jusqu’à 10h notre conducteur (l’homme avait oublié), un vieil homme – 60 ou 65 ans – croix en pendentif, parlant fort et vite, roulant fort et vite, achetant des plantes hideuses que sa femme balayera de la main « quelle ingrate ! » (la pauvre devait se retourner dans son lit, oreilles sifflant à toute vapeur), faisant des blagues d’un humour douteux, voire racistes ou anti-religion (ou les deux) et me parlant avec un faux accent français dégueulasse d’un ancêtre champion de ski nommé Jean-Claude quelque chose.

Scène au feu rouge. Notre conducteur ouvre sa fenêtre, et gueule un propos à la prononciation qui m’est encore sibylline, au conducteur voisin – un mexicain d’apparence, une femme à ses côtés, faisant profiter toute la rue de sa sono super puissante, hip-hop aux accents latino – en fait, un simple avertissement que son feu arrière gauche ne marchait plus, mais d’une manière si agressive que le mec lui réponds instinctivement « Fuck you ! » ou formule du genre. Et l’homme de rétorquer : « Speak English at least ! ». Bref, un intéressant échange d’amabilités et un parfait exemple de notre fonctionnement social. (Journal, 24/09, 8 miles)

 

 

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