Du Nord au Sud, Maryland (MD)

On est à peine arrivés, concentrés à sauter les rochers qui n’ont visiblement pas compris le concept de frontière, qu’une guêpe me souhaite la bienvenue en me faisant sentir la douce caresse de son dard. Certains day-hikers m’ont lancé quelques regards circonspects à la vue de ma main suspendue en l’air pour faire dégonfler la chose. (Journal, 8/10, 22.4 miles)

Peu après le Halfway point, on passe dans le Maryland,  frontière située sur une ancienne ligne de trolley coïncidant avec la Mason-Dixon Line; une vague histoire de démarcations frontalières qui remonte à fin XVIIIème, et surtout LA séparation symbolique entre Nord et Sud. On ne se mélange pas entre Nordistes et Sudistes.

Pour être plus historiquement précis, la fameuse ligne est en effet connue aujourd’hui pour démarquer les États en faveur de l’abolition de l’esclavage de ceux contre cette abolition, à l’heure d’une certaine Guerre de Sécession…

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La ligne Mason-Dixon, délimitant la région Nord-Est [photo: thomaslegion.net]

On quitte donc les Yankees pour entrer chez les Southerners et les véritables Appalaches : la séparation n’est pas que politique et sociale mais bien culturelle, voire même linguistique.  Il ne faut plus dire “I’m hiking the Appalachian [apalachun] Trail“, mais “I’m hiking the Appalachian [apaletchun] Trail“. Je ne vous raconte pas les heures passées à répéter afin de ne pas irriter l’autochtone. Et moi qui croyais innocemment que les variations en anglais se cantonnaient aux accents entre différents pays anglo-saxons de l’Australie à la Grande-Bretagne.

Outre la prononciation, c’est également dans l’art culinaire américain que nous remarquons un radical changement au quotidien. C’est simple: au Nord, c’était pancakes au p’tit déj’; au Sud, c’est les waffles. S’il y a un lien avec la Guerre de Sécession, je ne saurais vous dire…Il ne me semblait  pourtant pas que Scarlett mangeait des gaufres pour breakfast.

Depuis que j’ai changé de T-shirt, nous n’avons pas attendu plus de 2 mns pour attirer un conducteur. C’est l’effet rose mérino. Après notre ravitaillement à Food Lion, on a même eu droit à une lutte entre deux conducteurs après une minute de pouce levé. Southern hospitality? J’en ai comme un doute. Le voyage en tous cas fut efficace, et on a passé le reste de l’après-midi parmi des hordes de day-hikers à boire de l’apple cider  jusqu’au splendide monument de Georges le Magnifique où nous dormons présentement. (Journal, 8/10, 22.4 miles)

 

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Franchement, je serais G.Washington, j’me s’rais véner.

Encore un! L’homme est décidément partout: billets de 1 dollars, quarters, et jusque dans les forêts. L’illustre personnage possède même une statue à Paris; c’est qu’il a obtenu la nationalité française en 92 (1700). La tour est ici le premier édifice (1827) dédié au premier président des États-Unis qui lutta également contre l’esclavage (alors qu’il vivait lui-même dans une plantation et aurait entretenu de très proches relations avec habitants du domaine).  Celle-ci était tristement fermée pour cause de dommages dus aux orages mais cela ne nous a pas empêché d’y admirer la vue panoramique sur la ville de Boonsboro et ses poétiques lumières en contrebas.

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