Boston ou l’arrivée en un autre espace-temps

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Arrivée a Boston le 21 juillet par 81 degrés…Fahrenheit! Décalage temporel total jusqu’à la température de l’air: eh oui, il n’y a pas que les Grands-Britons qui aiment se différencier des autres en roulant a gauche, les Ricains aiment troubler le visiteur en utilisant de toutes autres unités de mesure, dont la température…

…Mais aussi distances, poids et longueurs : miles plutôt que kilomètres, pounds et ounces plutôt que kilogrammes et grammes, feet et inches plutôt que mètres et centimètres. Sans compter la yard. Cette légère différence d’approche de la réalité est un élément auquel vous êtes obligés de vous adapter si vous passez plus d’une semaine sur le sol américain. Notamment si vous devez parcourir des miles et des miles à pieds.

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Sortie de l’univers souterrain du métro, on découvre un monde plutôt aérien – immeubles se frottant au bleu du ciel côtoyant demeures de style colonial comme taillées d’un bloc dans une roche rouge:  une diversité assez impressionnante de différentes architectures , le tout comme lié par une panoplie de drapeaux a 50 étoiles flottants, accrochés au moindre bâtiment. Allez savoir pourquoi, les États-uniens aiment rappeler qu’ils sont aux États-Unis, annihilant le bénéfice du doute (on ne doute pas aux US, on “trust“!).

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Urban natural art dans les rues de Boston: la pomme de Blanche-Neige

Le touriste bostonien est invité a se balader dans ce maelström architectural le long d’un parcours humblement nomme “Freedom Trail”, consistant à marcher dans les fers de celui qui libéra la ville (à cheval) de l’attaque des Anglais en clamant ” The English are coming” a une époque révolue(tionnaire) aujourd’hui.

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Sur le parvis de la Bibliothèque Nationale, abritant au 21 juillet 2015 une exposition de bleu blanc et rouge sur la Révolution (américaine)

Ayant étrangement peu envie de commencer à arpenter tous les sentiers américains en long, large et travers (2189 miles, ça suffit!), la Sehenswürdigkeit , élue de ma visite fut le MFA ou Museum for Fine Arts, aussi pour la bonne raison de sa gratuité les mercredis soirs. Retenant mon attention – plus que leur exposition temporaire sur le Japon emplie d’une foule indénombrable empêchant d’entrevoir ne serait-ce qu’un millimètre de tableau (les bonheurs de la gratuité limitée):   une collection d’art contemporain visuellement orgasmique et deux salles entières dédiées aux impressionnistes, ainsi qu’ une salle sur “l’art américain” plutôt effrayante d’ennui: vestiges coloniaux et néant total concernant les cultures amérindiennes.

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Gros plan sur sculpture de verre

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Plus classique: l’éternel printemps de Rodin

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La Japonaise de Monet

Arrivée dans la salle des impressionnistes, choc visuel que ce tableau perdu entre les nymphéas et autres étendues de brouillard enveloppant des ponts – choc visuel et idéologique également: un groupe de jeunes femmes militent silencieusement, pancartes a la main. “Orientalism bleaches history“, “Stop orientalism” crient-elles en silence. Un peu exagéré comme réaction, pensais-je initialement. Mais après discussion, leur cause se fait un peu plus logique. Clou du spectacle mis en exergue par le musée lui-même a côte d’un vrai kimono, le MFA propose de vous faire un autoportrait (un selfie en langage contemporain) vêtu a la manière de Camille Monet, modèle du tableau, sans plus un mot des controverses et débats de l’époque qui entourent une telle image. Au moins, ce tableau aura eu le mérite de faire vivre le débat dans un lieu ouvert a tous publics, chose que je trouve rare dans les établissements français.

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la visite sur sa fin:   ombres au MFA

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WoW!

Prelude a la ballade

WOW! Nous y voici! Comme la compagnie bas-cout d’Icelandair, nous vous souhaitons un bon envol en ces pages que vous pourrez survoler a votre bon vouloir (que de liberte,isn’t it!) (c’est que nous entrons dans THE pays de la freedom).

Wow: work or walk, voici le dilemme qui sous-tend donc toute l’experience…

Car oui, “Work or Walk” – “that’s the question”, entend-je presque venir en echo. Mais non en fait, point de dilemme Shakespearien ici entre travail et loisir: I am working on walking!

Quand j’ai annonce que je partai 6 mois pour marcher le Sentier des Appalaches– sentier de 2200 miles le long de la cote Est des Etats-Unis, sorte de chemin de Saint-jacques a la ‘Ricaine-, j’ai pu entendre les attendus “Faudra penser a travailler un jour tout d’meme” ou “Bonnes vacances”..Certes, il faut pouvoir suffire a ses besoins (donc avoir de l’argent) (donc gagner de l’argent) (donc travailler a un moment ou un autre) pour entreprendre un tel voyage – journey en anglais serait plus adequat ici-, mais etrangement je n’irai pas jusqu’a opposer ceci a la notion de travail: il faut quand meme un peu plus que vouloir prendre des vacances prolongees pour decider de marcher tous les jours entre 15 et 25 miles!

“Why are you hiking the A.T.?”, est en effet une question recurrente parmi les “thru-hikers”. Certains marchent pour “honorer la memoire d’un membre de la famille disparu” et qui avait un lien avec le sentier, d’autres parce qu’ils ont vu un documentaire sur le A.T. qui  le decrivait comme “fun and flat” (ah ces Germains..), quelques-uns parce qu’ils “adorent manger”, beaucoup pour ” sortir du systeme de notre societe” et d’autres juste pour ” l’aventure!”. Pas d’age limite: on voit passer autant de jeunes pousses comme de vieilles branches sur le chemin, chacun son rythme.

Et moi-meme?

peut-etre simplement parce que quand je dis “work”, on comprend “walk”, quand je dis “walk”, on comprend “work” (veridique) (true fact)!

Et comme dit Walt Whitman dont j’ai vole ces quelques mots lors de mon passage chez Shaw’s a Monson:

“Afoot and light-hearted I take to the open road

Healthy, free, the world before me leading wherever I choose

[…] Allons! The road is before us!” 

WW. “Song of the Open Road”

( ” wherever these white glazes lead me”, serait tres probablement plus proche de la realite, mais c’est tout de suite moins bucolique imaginativement parlant)

Vous pourrez donc suivre et sentir sur ces pages le Sentier des Appalaches presque directement sous mes pieds (presque) selon les possibilites technologiques et logistiques du moment, c’la va sans dire.

Happy virtual trails donc, comme on dit par ici!